Fin janvier, comme beaucoup de professionnels de la formation, CursusPro se trouvait à Biarritz où l’équipe a passé 3 journées intenses et riches sous le beau soleil de la côte basque.

Il est bien entendu impossible de résumer en quelques lignes la richesse du contenu des ateliers, conférences et rencontres formelles ou informelles de cet événement, devenu au fil des années LE rendez-vous de la formation professionnelle. Un de nos clients, qui n’avait pu participer à cette Université, nous a malicieusement posé cette question : « En cinq mots, qu’en avez-vous retenu ». CursusPro s’est prêté au jeu et nous vous partageons ici notre réponse, fruit de longues discussions autour de la machine à café.

INCONTOURNABLE

L’UHFP est devenu au fil des ans, un rendez-vous plus que nécessaire. Dans une ambiance conviviale et, sous le soleil cette année, les acteurs du secteur échangent, dialoguent, apprennent et… construisent ensemble la formation de demain. Les occasions de travailler en commun avaient été multipliées par rapport aux précédentes éditions. Le corolaire est un certain entre-soi. On regrettera ainsi un léger manque d’ouverture vers le monde de l’entreprise puisque c’est avant tout les institutionnels, régions, ministères, OPCO etc…qui sont présents et participent aux diverses tables rondes, plénières. Le risque ? : une légère déconnection par rapport à la réalité qui pourrait être corrigée simplement en communiquant plus auprès des entreprises, y compris les entreprises de formation.

Mais, le véritable risque est ailleurs : que cette rencontre annuelle extrêmement bien organisée, utile et éminemment sympathique n’ait pas lieu en 2021 ! Evoquées par certains de nos interlocuteurs sur place, des incertitudes pèsent sur l’organisation de l’événement, en partie lié au fait que Centre Inffo est passé sous la tutelle de France Compétence. Habituellement annoncée en fin d’Université et notée aussitôt dans les agendas des participants, la date du prochain millésime n’est aujourd’hui pas connue.

COMPETENCE 

C’était la thématique principale qui avait été choisie cette année par les organisateurs après la réforme, en 2019, et le défi de l’innovation, en 2018. Le mot compétence a donc été, avec celui de formation, l’un des mots les plus utilisés au cours de cette université d’hiver : Développement des compétences, solutions compétences…

Pour mettre la compétence à la portée de tous, il est essentiel de partager les réalisations, expérimentations, innovations en cours, à l’ensemble de la communauté des décideurs et professionnels de la formation. La publication par Centre Inffo dans les prochains jours du Livre Blanc de la Compétence à la portée de tous, sera un nouveau moyen de répandre les bonnes pratiques pour que cette promesse ambitieuse, aujourd’hui sujet central du dialogue social dans l’entreprise, devienne une réalité dans toutes les organisations.

La compétence partout, tout le temps, pour tous, comme l’a parfaitement résumé, Anne de Blignières-Légeraud, maître de conférences en sciences de l’éducation à l’université Paris-Dauphine, en clôturant la dernière table ronde.

APPRENTISSAGE

En ouvrant la possibilité aux entreprises de lancer leur propre CFA, la loi « avenir professionnel » a libéré l’apprentissage. Elle offre la possibilité aux employeurs de faire du sur-mesure et de former pour eux ou les autres entreprises de leur territoire, la main d’œuvre dont ils ont besoin sur des métiers spécifiques. ADECCO forme ainsi ses propres recruteurs avec une certification de niveau 6 (bac +3/4).

Le CFA d’entreprise est encore une nouveauté et quelques pionniers avaient été invités à témoigner de la manière dont ce dispositif peut devenir un lieu d’innovation et possiblement dans le futur, une étape indispensable pour toute entreprise apprenante. Si on a entendu parlé de « transformation des pratiques managériales » (beaucoup) et de « cross fertilisation » (un peu), les échanges ont surtout porté concrètement, sur les manières d’ impliquer davantage le management, d’accompagner les tuteurs ainsi que sur les modalités de création de ces CFA d’un nouveau genre.

La création d’un village de l’apprentissage a permis de faciliter les interactions entre entreprises, CFA et OPCO.

ABONDEMENT

Comme les années passées, on a parlé beaucoup de CPF lors des UHTT. Mais en 2020, le focus portait sur le co-financement, la co-construction ou co-investissement, avec un vrai point d’orgue autour de l’abondement. Le retard dans l’intégration des abondements dans l’application CPF a soulevé de nombreuses interrogations du côté des employeurs et prestataires.

Invitée à s’exprimer, la Caisse des Dépôts et Consignations, a pu, par la voix de ses représentants, détailler la procédure prévue pour les entreprises qui souhaitent alimenter les comptes et contribuer au financement de projets initiés par leurs collaborateurs. Un bon nombre de questions portaient sur l’aspect opérationnel : modalités de versement par l’entreprise, processus de mises à jour des comptes par la Caisse des Dépôts et information des salariés.

Un sujet sensible demeure la contractualisation des engagements des salariés. Les participants n’ont pas hésité à faire part de leurs inquiétudes sur ce dossier. Si toutes les réponses n’ont pas été obtenues, des pistes de réflexion sont bien engagées du côté de la Caisse des Dépôts notamment sur le sujet structurant que constitue la définition des actions de formation éligibles au co-financement et la manière dont les entreprises qui auront financés l’intégralité, seront remboursées par la Caisse des Dépôts de la partie CPF-salarié.

La notion d’abondement et de co-financement pose aussi la question du tarif applicable, tant il est commun pour un prestataire d’avoir une double tarification (B2B et B2C). Nous aurons l’occasion de revenir sur ce sujet du CPF co-construit dans les prochains mois.

OPCO

Depuis le 1er avril dernier 2019, les 20 OPCA ont cédé la place à 11 OPCO et les UHFP ont été l’occasion de voir à l’œuvre cette rationalisation que beaucoup d’acteurs appelaient de leurs vœux. Cette nouvelle organisation cohérente en terme de filières, de poids et de représentation est une vraie révolution.

Les OPCO sont aujourd’hui en train de définir une nouvelle offre de service centrée essentiellement sur le développement des compétences des entreprises de moins de 50 salariés, les contrats d’apprentissage et également les contrats Pro A.

Pour la première fois, à l’occasion des UHFP, nous avons vu ces acteurs travailler de concert, alors que certains OPCA se positionnaient encore il y a quelques mois, comme concurrents car intervenant au sein d’une même branche. C’était perceptible : l’état d’esprit est totalement différent et les échanges de bonnes pratiques entre OPCO semblent s’être multipliés. Leurs missions en faveur de l’insertion, du maintien dans l’emploi et de l’évolution professionnelle semblent mieux définies et la mobilisation des collaborateurs des OPCO nous a semblé très forte.

A la clé : plus de simplification, de proximité et d’expertise pour tous : salariés, entreprises et prestataires de formation.