Le storytelling dans la formation : entrez dans l’histoire !

18 Oct 2018 | Innovations pédagogiques | 1 commentaire

L’engagement des bénéficiaires est décisif dans le succès de toute formation. Plusieurs leviers permettent d’éviter – ou de limiter grandement –  le décrochage des participants. Le storytelling est l’un d’eux, qui permet de donner à tout contenu de formation – qu’elle soit distancielle ou présentielle – la dynamique d’une histoire que les apprenants auront envie de suivre et mémoriseront plus facilement.

Le storytelling : il était une fois…

Le storytelling est l’art de raconter des histoires en suscitant l’intérêt du public et son adhésion. La publicité a donné ses lettres de noblesse à ce procédé de communication : grâce à lui, les marques se sont affranchies du caractère exclusivement déclaratif des messages et se sont mises à rechercher de la proximité en racontant une histoire, généralement celle de leur origine ou celle d’un consommateur/utilisateur.

Depuis une dizaine d’années, le procédé fait florès en entreprise chez les managers et les cadres soucieux d’emporter l’adhésion de leur audience, que celle-ci soit composée de collaborateurs ou de clients. Une présentation PowerPoint, aussi claire soit-elle, emportera davantage l’adhésion avec un bon storytelling !  Le personal branding, très en vogue, accentue le phénomène : de grands patrons se mettent eux-mêmes en scène pour raconter de façon attractive la genèse d’une idée, d’un produit ou d’un projet.

Dans l’économie de l’attention qui se dessine aujourd’hui, le storytelling est devenu un élément décisif de communication.

Pour communiquer de façon performante, il ne s’agit plus de s’appuyer sur un bon slogan, mais de raconter des histoires aussi engageantes et crédibles que possible.

Cette dimension de crédibilité est essentielle, car le storytelling n’est pas une technique visant à raconter (et faire croire en) n’importe quelle fable. S’il est vrai que la publicité a parfois eu ce travers en privilégiant l’attractivité au détriment des faits, le storytelling est aujourd’hui compris comme une façon de rendre attractif un contenu qui ne le serait pas forcément, en s’appuyant sur un bon exemple, une bonne allégorie ou une bonne histoire. Le décrochage des collaborateurs étant un problème récurrent dans la transmission de certains contenus ou savoirs, il est aisé d’entrevoir la valeur ajoutée d’un bon storytelling dans une formation professionnelle.

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Un maître-atout pour obtenir le meilleur des apprenants

L’apport du storytelling à la formation professionnelle ne concerne pas seulement les dispositifs digitaux : il est tout aussi évident dans les classiques formations présentielles. Quel que soit le format utilisé, un bon storytelling permet de :

  • Capter l’attention

Au même titre que toute personne familière de la prise de parole en public, les formateurs savent d’expérience que l’attention portée par les apprenants à un contenu n’est pas uniquement liée à l’intérêt de celui-ci. La personnalité de l’orateur joue un grand rôle, tout comme son aptitude à susciter des émotions pour capter l’intérêt. Raconter une anecdote personnelle en entrée de session permet au formateur de « casser la distance » avec le public, de n’être pas seulement dans la posture de l’expert, mais dans celle de celui qui a connu la même problématique que les apprenants. Pour ces derniers, c’est le début d’une histoire, qui suscite l’envie de  découvrir le contenu qu’on souhaite leur transmettre.

Reste à maintenir cette attention tout au long de la session, ce qui représente évidemment un challenge quand on sait que le taux d’attention moyen d’un adulte chute de 80 % au bout de dix minutes. Le storytelling permet de le faire parce qu’il engage.

  • Créer de l’engagement

Le storytelling engage les apprenants à plusieurs niveaux. D’abord, ainsi que nous l’avons évoqué, il suscite des émotions. Ensuite, la structure d’un bon storytelling est conçue pour créer cet engagement. Elle rassemble en général les étapes suivantes :

  1. une situation initiale, c’est-à-dire un contexte ;
  2. un élément perturbateur qui déséquilibre la situation initiale, ou pose une difficulté au personnage de départ : cet élément va accrocher l’audience et lui donner envie d’en savoir plus ;
  3. des éléments de résolution du ou des problèmes ;
  4. une situation finale, qui est ce vers quoi on veut amener l’audience et emporter son adhésion.

Au début d’une session, le problème raconté par un formateur, ou auquel est confronté le personnage principal d’une vidéo de formation ou d’un jeu en ligne, crée de l’empathie et une identification chez les apprenants : ils ont envie d’aider, de contribuer à trouver une solution. Cela les encourage à coopérer, et donc à s’engager dans l’apprentissage. Les participants adoptent une posture active. Leur adhésion est finalement emportée quand le storytelling leur dévoile les solutions ou actions à mettre en place et les résultats obtenus.

  • Favoriser la mémorisation

Comme le prouvent les avancées dans le domaine des neurosciences cognitives, notre cerveau retient mieux les faits liés entre eux par un processus narratif que les faits isolés. Voilà pourquoi raconter une histoire permet de mieux se souvenir de tous les éléments d’une formation : les plus passionnants, mais aussi ceux qui sembleraient de moindre intérêt au départ.

Par ailleurs, une histoire permet de sortir du champ sémantique traditionnel de l’entreprise : diffuser un contenu de formation en utilisant les mots « ordinateurs », « papier », « Internet » ou « clients » n’offre aucune aspérité pour la mémorisation. En revanche, le même contenu comportant des mots inhabituels dans le contexte professionnel (tels que « jungle », « ombrelle » ou « majordome »)  va rendre ce contenu remarquable et donc mémorisable.

Il est intéressant de noter que les plus grands champions de mémoire, capables de mémoriser dans l’ordre une très longue suite de chiffres, de noms ou de cartes à jouer (il existe aujourd’hui des compétitions internationales dans ce domaine) utilisent une méthode consistant à se raconter une histoire pour y parvenir.

Un bon storytelling constitue un support inégalable de mémorisation, d’où l’attention particulière qu’y prêtent aujourd’hui les concepteurs de contenus. Quant aux non- professionnels de la formation ayant des clients, des collaborateurs ou d’autres publics à convaincre, qu’ils sachent que les formations aux finesses du storytelling se multiplient sur le marché. DRH et responsables de formation, n’hésitez pas à y recourir dans les programmes de formation de vos cadres… et pour vous-même.