L’orthographe, un enjeu de formation décisif à l’heure du digital

19 Avr 2018 | Conseils Pratiques | 0 commentaires

Faute avouée est à moitié pardonnée, dit le proverbe. La tendance est désormais à la chasse aux fautes d’orthographe dans les entreprises. Encore faut-il pour toute organisation, lorsqu’elle prend conscience du préjudice que peut lui causer ou lui cause déjà une orthographe défaillante, traiter efficacement le problème au sein de ses équipes. Le recours à la formation professionnelle est incontournable pour y parvenir.

État des lieux de l’orthographe en France

Rendue publique le 31 mai 2017, la troisième édition du baromètre Voltaire est riche d’enseignements sur la relation des Français avec leur langue. Premier site français de remise à niveau en orthographe, le Projet Voltaire tend à démontrer, avec cette étude, que le sexe, l’âge et la localisation géographique influenceraient directement notre maîtrise de l’orthographe. En d’autres termes, nous ne partirions pas tous sur un pied d’égalité dans ce domaine !

Le site a mesuré la maîtrise de 84 règles grammaticales et lexicales de base chez plus de 100 000 Français durant quatre mois en 2016. On apprend ainsi :

  • que les femmes sont en moyenne 40% – contre 34% pour les hommes – à maîtriser les règles élémentaires de l’orthographe ;
  • que l’orthographe vient avec la maturité : 27% des collégiens maîtrisent ces règles élémentaires, contre 30% des lycéens et 45% des étudiants (52% quand ces derniers intègrent l’univers professionnel) ;
  • que la géographie influe sur le niveau : c’est en région Centre-Val de Loire que la maîtrise des règles grammaticales et lexicales est la meilleure (619 points obtenus en moyenne à un test noté sur 1000), l’Ile-de-France de France n’obtenant que 567 points et les Hauts-de-France se classant derniers, avec moins de 500 points.

Dans une certaine mesure, ces éléments battent en brèche les arguments souvent avancés pour expliquer la baisse de niveau orthographique dans notre pays : successivement pointés du doigt, la télévision, les jeux vidéos, le langage SMS ou la méthode de lecture globale ne seraient pas forcément les premiers responsables !

Quelle que soit la cause, le fait est que tout le monde écrit aujourd’hui sur des supports numériques. Ceci n’aggrave pas spécialement la baisse de niveau, mais la rend plus visible. C’est le cas dans la sphère privée, par exemple sur les réseaux sociaux et les forums ; c’est encore plus vrai dans le cadre professionnel, ne serait-ce qu’avec l’usage généralisé des emails, ce qui peut poser de sérieux problèmes au salarié… et à l’entreprise.

Un préjudice important pour l’entreprise

Pour l’entreprise, le coût d’une orthographe défaillante est d’abord financier. Selon une étude réalisée par TextMaster en 2013, 90% des e-mails envoyés par des entreprises à leurs clients recèlent au moins une faute d’orthographe. Dans l’e-commerce, les fautes figurant dans la présentation des produits impacteraient défavorablement les intentions d’achat. Or, d’après une étude britannique de 2012, une seule faute pourrait diminuer de moitié les ventes d’un site d’e-commerce ! Même sans estimations précises, on parle donc là de centaines de milliers, voire de millions d’euros !

Il faut aussi considérer les coûts en termes d’image. L’orthographe et la syntaxe sont un peu la carte de visite de l’entreprise pour les internautes.

Qu’il s’agisse d’un site Internet, d’un article de blog ou d’un email, des écrits truffés de fautes entachent l’image et la crédibilité d’une organisation.

À l’heure où les sociétés s’efforcent toutes d’offrir une relation client de qualité, les e-mails et autres productions écrites à destination de l’externe se multiplient : dans ce contexte, une orthographe irréprochable devient un atout concurrentiel précieux.

De nombreuses entreprises, conscientes de ces risques, déclarent tenir compte du niveau d’orthographe des candidats en procédant à leurs recrutements.

Mais si cette démarche permet d’améliorer le niveau orthographique moyen des équipes, elle ne résout en rien le problème des collaborateurs en poste. Ces derniers, quelles que soient leurs qualités professionnelles, peuvent causer un réel préjudice à l’entreprise dès lors qu’ils communiquent par écrit avec des clients, fournisseurs, partenaires ou influenceurs.

Le recours à la formation

Pour traiter le problème, les DRH peuvent intervenir à deux niveaux :

  • Lors des recrutements

Le niveau d’orthographe doit devenir un critère important de sélection des candidats. Au-delà de la détection des fautes dans les CV et lettres de motivation, intégrer un rapide test d’orthographe dans le processus de recrutement peut être envisagé. Sur les CV, les certifications peuvent apporter une garantie précieuse. Réputé, le certificat Voltaire a été passé par plus de 50 000 étudiants et salariés depuis sa création en 2010. D’autres acteurs se sont lancés sur le marché, comme les certifications Le Robert ou Orthopass.

  • Via la formation pour les collaborateurs en poste

Les problématiques des organisations diffèrent évidemment en fonction du profil des salariés concernés, des types de postes et des enjeux de l’entreprise. Il apparait indispensable, avant toute action, d’identifier les fonctions dans lesquelles l’orthographe peut le plus impacter l’image de l’entreprise, puis d’estimer le nombre de collaborateurs ayant besoin de mises ou remises à niveau.

Dans certains cas, concentrer l’effort de formation sur les fautes courantes dans les emails à destination des clients peut déjà représenter un progrès considérable. Dans d’autres, il conviendra de trouver un prestataire de formation capable de développer chez les apprenants une orthographe plus sûre, mais également de leur faire acquérir une aisance rédactionnelle pour optimiser leur communication écrite.

Il convient désormais, pour les DRH et/ou Responsables formations, de bien identifier la nature du problème orthographique au sein de leurs équipes, de définir des objectifs et de les prioriser. Avoir recours à une plateforme de sélection performante leur permet de disposer d’une sélection des meilleurs prestataires de formation en orthographe et en expression écrite, au regard de critères définis dans un cahier des charges. En matière d’orthographe, la faute la plus grave pour l’entreprise serait… de ne rien faire.