Les organismes de formation face au nouveau CPF

29 Nov 2018 | L'actu en bref | 0 commentaires

L’abondement en euros du CPF et l’accès direct à celui-ci via une application mobile vont donner une plus grande autonomie aux actifs – salariés ou chômeurs – souhaitant se former. Comment les organismes de formation doivent-ils envisager cette nouvelle donne, et comment peuvent-ils s’y préparer ? 

Les organismes de formation sous tension

À partir du 1er janvier 2019, les stocks d’heures acquis sur chaque CPF seront convertis en euros. Le taux de conversion, d’abord envisagé à 14,28 € de l’heure, serait selon un projet de décret fixé à 15 € de l’heure. Cette monétisation du CPF ne change pas seulement les choses pour les bénéficiaires des formations : elle questionne le modèle économique même des prestataires de formation, habitués jusqu’alors à fonctionner sur une tarification horaire.

Rappelons que le CPF devrait ensuite être alimenté à hauteur de 500 euros par an avec un plafonnement de 5 000 euros (800 euros pour les moins qualifiés, dans la limite de 8 000 euros), ce qui représente un pouvoir d’achat en formations moindre pour les bénéficiaires.

Pour éviter de se trouver déstabilisés par l’abondement en euros et d’autres dispositions de la loi Avenir professionnel, les organismes de formation vont devoir étoffer leur offre, investir en marketing et en communication pour se démarquer de la concurrence et adresser le grand public. Mais il leur faudra aussi s’adapter, très concrètement, sur plusieurs autres plans.

Aligner le système d’information

Les organismes de formation vont devoir adapter leur système d’information à celui de la Caisse des Dépôts et consignations, qui sera le gestionnaire du CPF et de son application mobile. Cette dernière recensera toutes les formations éligibles et permettra de s’inscrire directement en ligne. Concrètement, les organismes devront être en mesure de fournir des informations fiables et actualisées en temps réel, ce qui représentera pour certains organismes des investissements informatiques non négligeables.

Rendre les formations éligibles au CPF

Pour tirer leur épingle du jeu, les organismes de formation devront avant tout disposer d’une offre de formations éligibles au CPF. Un vrai challenge pour les organismes dont seule une faible part des formations (voire aucune) est qualifiante ou diplômante.

Pour mémoire, sont éligibles les formations préparant à des diplômes et titres enregistrés au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles) ou à des certificats et habilitations inscrites au Répertoire spécifique. Rappelons que le CPF pourra aussi être mobilisé pour des actions de VAE (validation des acquis de l’expérience), la préparation au permis de conduire et les bilans de compétences.

Obtenir une certification qualité

Les organismes devront impérativement justifier d’une certification qualité au 1er janvier 2021 pour être financés par le CPF. Cette certification, basée sur un référentiel national, sera délivrée par des organismes accrédités par le Cofrac (Comité français d’accréditation). Le niveau d’exigence des procédures de vérifications liées à la certification étant appelé à s’élever, il est recommandé de se lancer rapidement dans une démarche qualité.

Concluons sur un élément de la réforme auquel tous les organismes de formation doivent être attentifs : les bénéficiaires de formations pourront, via l’application mobile dédiée, donner leur avis sur celles-ci. La loi Avenir professionnel s’inscrit ainsi pleinement dans les nouveaux usages numériques de notre société, toujours plus demandeuse de transparence et de recommandations. On note aussi que, pour figurer sur l’application, les organismes devront indiquer leurs taux de réussite et d’insertion dans l’emploi : une pression dont certains se seraient bien passés !

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