Organisations apprenantes : de la formation continue à la formation perpétuelle

2 Fév 2017 | Innovation et tendances | 0 commentaires

La révolution est en marche en termes d’organisation des sociétés. Le fonctionnement traditionnel de l’entreprise est ébranlé. Avec une remise en cause de la hiérarchie, de la façon de travailler et d’apprendre. La priorité est donnée à l’intelligence collective pour une entreprise réellement apprenante.

Les hiérarchies verticales traditionnelles deviennent caduques. Les outils technologiques et la digitalisation de l’entreprise rendent possible l’apparition d’une autre dimension qui ne suit ni les silos ni les matrices. Le management dit autoritaire, héritier du taylorisme, a vécu. L’heure est désormais au management collaboratif. Il encourage la prise de parole et le dialogue, le respect, la délégation de pouvoir. Aux managers d’en finir avec le mode « pourquoi » et « comment » pour assumer les arbitrages collectifs. Avec ce management plat, chacun a la possibilité de gérer comme il l’entend son rôle dans l’entreprise. Et de prendre une part active, choisie, dans la formation.

Le tout collaboratif remodèle les schémas de la formation

C’est ce qui s’appelle l’organisation apprenante.

Tous les membres se nourrissent du savoir des uns et des autres. Le concept et la pratique de ce type d’organisation se sont développés tout au long des années 90 et 2000, avec une réflexion sur le « comment apprendre ».

Une véritable révolution se met en place en matière d’approche pédagogique, avec une pyramide des savoirs inversée : les savoirs ne sont plus uniquement distillés du haut vers le bas, du formateur vers les apprenants. Chacun partage son expérience, son savoir, ses compétences à ses pairs. Il y a co-construction de nouvelles compétences et d’un nouveau savoir-faire.

Des usages digitaux qui renforcent l’entreprise apprenante

L’humain est plus que jamais au cœur de l’entreprise apprenante grâce à une expérience digitale hors du commun. Les usages collaboratifs affichent une belle progression (un engagement et une croissance en hausse de 15 % en 2015 selon une étude du cabinet Lecko sur la transformation des organisations).

  • Les réseaux sociaux d’entreprise (RSE) : 

Parmi ces usages collaboratifs, les RSE ont la part belle avec, toujours selon Lecko, une croissance des ventes de licences de ce type de solutions SaaS à 40 %.

Ils accompagnent les collaborateurs dans l’accomplissement de leurs tâches quotidiennes. Ils décloisonnent les services pour remettre au centre la valeur compétence. Ils réveillent l’engagement de tout un chacun, ainsi que leur performance, en fluidifiant la communication et favorisant l’intelligence collective.

  • La technologie du blockchain :

Ce « stockage et transmission d’informations transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle » révolutionne également le travail collaboratif : chaque projet créé par l’entreprise qui serait géré dans un système blockchain se présente comme une communauté, appelée « organisation collective décentralisée ». Évoqués dans un précédent article, les blockchains apportent un fonctionnement démocratique qui implique toujours plus les collaborateurs.

  • Des modes nouveaux de formation :

Place là aussi aux formations collaboratives. L’apprentissage organisationnel a de plus en plus d’outils à sa disposition pour se développer, par exemple avec l’essor des Mooc (Massive Open Online Course) ouvrant la formation à distance à un grand nombre de participants. Cela peut être également avec le mentoring, accompagnement basé sur le transfert d’expertise, le partage de savoir-être et de savoir-faire, exercé sur la base du volontariat. Ou encore avec le reverse mentoring, où un collaborateur de la génération Y ou Z enseignent le digital aux seniors.

L’ajustement permanent des compétences, un enjeu majeur

Le changement est nécessaire et permanent. L’enjeu principal des organisations apprenantes est de savoir utiliser les compétences, mais également de les actualiser, de les renouveler afin de toujours acquérir de nouvelles solutions. Mais autant les collaborateurs peuvent à loisir agréger leurs savoirs personnels, autant il s’avère tout de même nécessaire d’avoir un chef d’orchestre en la personne du formateur, qui par ailleurs maîtrise les savoirs de base.

Les yeux rivés sur l’évolution des attentes des entreprises, les organismes de formation professionnels s’appuient sur des formations et des méthodes d’apprentissage toujours plus connectées au terrain. Il s’agit de partir d’exemples et cas concrets afin de les confronter au vécu et aux compétences de chacun et de trouver ainsi des solutions véritablement innovantes. C’est d’ailleurs en étant bien ancrés dans le réel que les apprenants pourront réellement coconstruire le savoir-faire et le savoir-être qui leur serviront à affronter efficacement leurs problématiques quotidiennes.

Nous avons toujours eu besoin des autres pour apprendre. Et le mouvement va croissant. Les collaborateurs ont, de plus en plus, le réflexe de se tourner vers l’autre, avec lequel ils souhaitent apprendre et partager. Ils sont ainsi en demande de coaching en plus de la formation traditionnelle. C’est là l’une des évolutions apportées par ces organisations apprenantes en perpétuel devenir.