Venue s’exprimer devant l’Assemblée nationale le 10 avril, la ministre du Travail avait affirmé qu’il fallait « repenser le modèle de l’Afpa », l’agence pour la formation professionnelle des adultes dont la situation est préoccupante depuis plusieurs années.

À l’occasion d’une audition devant la commission des Affaires sociales de l’Assemblée mardi 10 avril, Muriel Pénicaud a fait part de sa volonté de « donner une vision, une visibilité et un plan stratégique de long terme à l’Afpa ».

Le déficit chronique de l’Afpa

Il est vrai que l’Afpa est en grande difficulté. Suite au transfert de la commande publique de formation des chômeurs aux régions en 2004, puis à l’ouverture du marché de la formation à la concurrence à partir de 2009, l’agence a évité de justesse la cessation de paiement en 2012.

Transformée en établissement public industriel et commercial (Epic), l’Afpa n’a pas, malgré ce nouveau statut, réussi à enrayer son déficit. Celui-ci atteint aujourd’hui 100 millions d’euros par an pour 800 millions d’euros de chiffre d’affaires. Pour la ministre, il est clair que « ce problème traîne depuis trop d’années ».

Se recentrer sur des missions de service public

Muriel Pénicaud déclare ainsi qu’« il faut repenser le modèle » en redonnant à l’Afpa sa vocation de service public : « Nous avons besoin de l’association. Il faut qu’elle soit concentrée sur des missions de service public, qui font sens, sur lequel elle a un vrai apport ».

Du côté syndical, on est évidemment dans l’expectative, d’autant que le plan d’économie engagé il y a quatre ans se traduit par 300 départs par an sur un effectif de 8 000 personnes. En décembre 2017, l’intersyndicale de l’Afpa avait dénoncé une « spirale régressive », estimant que l’agence n’avait « plus les moyens » de remplir ses missions. Si l’on en croit la ministre, c’est davantage la nature des missions de l’Afpa que les moyens pour s’en acquitter qui posent question.

Quel rôle jouera exactement l’Afpa dans la réforme de la formation professionnelle portée par Muriel Pénicaud ? Cinq orientations stratégiques possibles pour 2018-2022 ont été présentées au CA de l’Afpa le 3 avril dernier. Selon Christian Filliot, secrétaire général de la CGT-Afpa, « tous les scénarios sont possibles ». La ministre a en tout cas promis que son équipe allait y « travailler dès cette année ».