Microlearning : les raisons d’une irrésistible expansion

21 Déc 2017 | Sous l'angle RH | 0 commentaires

Le blended learning est aujourd’hui de plus en plus plébiscité en entreprise, aussi bien par les DRH et responsables formation que par les apprenants eux-mêmes. Ce contexte posé, on peut observer ces deux dernières années l’émergence de formats d’e-learning de plus en plus courts et denses : le microlearning s’installe, et selon certains spécialistes nous n’en sommes qu’au début de ce phénomène. Quelles sont ses forces, et pourquoi se développe-t-il autant ?

Un concept né du e-learning

Ce qui distingue la transformation digitale des autres transformations, c’est son caractère perpétuel. De nouveaux supports et modes de transmission des compétences apparaissant chaque semaine, les DRH et responsables formation expérimentent, observent, évaluent l’efficacité des dispositifs qu’ils testent. Beaucoup ont constaté que certains formats e-learning, quelle que soit leur attractivité, sont trop chronophages pour les collaborateurs, et qu’ils ne les incitent pas à « s’autoformer ».

Autre difficulté, apprendre seul et à distance n’est pas évident pour tous, comme le montrent les neurosciences cognitives. Les récentes avancées dans ce domaine ont aussi prouvé que l’attention maximale d’un être humain est limitée à 10 minutes maximum. Ainsi, laissés seuls face à leur ordinateur pour suivre une séance d’une heure, de nombreux collaborateurs éprouvent des difficultés à se concentrer et risquent le décrochage.

C’est sur ces constats qu’est apparu le microlearning. Parfois nommé « nuggets learning », le microlearning est un concept de formation en ligne basé sur des modules vidéo utilisant textes, images et sons. Ce format permet une répartition du contenu d’apprentissage en petites séquences d’une, deux ou trois minutes, un format très court qui permet d’exploiter au maximum la capacité de concentration des apprenants.

Apprendre quand on veut, où on veut

La grande force du microlearning est qu’il s’apparente à une bibliothèque numérique, où le collaborateur pioche à volonté les connaissances dont il a besoin. Il ne s’agit pas de faire le tour d’un sujet vaste, mais de devenir très rapidement plus efficace dans son travail, d’où le choix de modules d’apprentissage courts et ciblés. Le contenu est axé sur des informations très précises et les apprenants consacrent ainsi moins de 5 minutes à une activité d’apprentissage particulière.

L’accessibilité est une composante importante du succès du microlearning.

La démarche encourageant les collaborateurs à se former au moment où ils en ont besoin, ces derniers doivent pouvoir accéder à l’information depuis tous types d’appareils – ordinateurs, tablettes et Smartphones… – et à tout moment de la journée. Se plonger dans leur apprentissage entre deux tâches, au moment opportun pour eux, doit être rapide et facile. Que les contenus recourent à des vidéos, des animations de tableau blanc ou des PDF interactifs, les micromodules se concentrent sur un ou deux objectifs au plus. Cela permet aux utilisateurs d’apprendre en fonction des situations de travail qui se présentent, et d’appliquer immédiatement ce qu’ils ont appris.

Cette accessibilité du microlearning représente, pour l’entreprise, un atout logistique majeur. En effet, chaque salarié pouvant se connecter à la plateforme depuis n’importe quel endroit, l’organisation a la possibilité de former des collaborateurs sans limite de nombre, et sans avoir à les rassembler sur un même lieu à une date fixe.

Le microlearning, un concentré d’efficacité ?

Certains pourraient arguer que le processus de formation, en privilégiant le caractère pratique d’une mise en application immédiate des compétences acquises, n’est pas très structurant et ne favorise pas la rétention des acquis dans la durée.

Bien au contraire, il semble que le microlearning favorise une meilleure assimilation des connaissances sur le long terme. Les neurosciences montrent ainsi qu’il est nécessaire, pour une mémorisation optimale, de travailler plusieurs fois un concept durant son apprentissage. Le microlearning favorise ce processus car il est facile, même pour un collaborateur très occupé, de s’octroyer de temps en temps les deux ou trois minutes nécessaires à la révision du contenu, et de répéter ainsi les séances autant de fois que nécessaire.

L’efficacité des formations effectuées via le microlearning est renforcée par une autre dimension : celle de la responsabilisation des apprenants. En effet, donner aux collaborateurs la possibilité de choisir eux-mêmes les contenus dont ils ont besoin, dans un format convenant à leur style d’apprentissage, ne peut que les inciter à avoir une démarche proactive par rapport à leur formation professionnelle. En cela, le microlearning s’inscrit bien dans l’esprit actuel : de même que les salariés peuvent décider de mobiliser leur CPF, le microlearning les pousse à dessiner leur parcours d’apprentissage en y ajoutant des briques supplémentaires de leur propre initiative. Leur engagement dans les formations qu’ils suivent s’en trouve sensiblement renforcé.

Nous avons surtout traité le microlearning sous le prisme de ses avantages pour l’apprenant. Au terme de cet article, il est impossible de ne pas évoquer la rentabilité de ce mode de formation pour l’entreprise : coût et temps de création réduits, facilité de mise à jour (un module obsolète de 2 mn est rapidement remplacé par une nouvelle vidéo), applications plus larges (certain micro modules peuvent concerner l’ensemble des effectifs)… À l’heure où les formations ne sont pas seulement évaluées en termes de performance, mais aussi de ROI, ces atouts devraient placer le microlearning au premier rang des dispositifs privilégiés par les DRH et responsables de formation dans les années à venir.