Livre blanc sur le Digital Learning : cap sur la formation mixte !

4 Mai 2017 | Innovation et tendances | 0 commentaires

Le développement des usages numériques sur le marché de la formation modifie en profondeur la manière de transmettre les savoirs dans l’entreprise, ainsi que le rôle joué par le formateur qui désormais « anime » des apprentissages de plus en plus individualisés. Loin de disparaître, la formation présentielle se mélange avec de nouveaux modules d’enseignement, au profit d’une formation « mixte » plébiscitée par les responsables RH et les apprenants. C’est en tout cas ce qui ressort du Livre Blanc sur le Digital Learning réalisé par la société TalentSoft.

1. Progression de la formation à distance et du digital learning

Spécialisée dans le digital learning, l’entreprise Talentsoft (anciennement nommée E-Doceo) a récemment réalisé une enquête en lien avec l’Institut des Métiers du Blended Learning auprès de 400 structures de formation françaises comprenant des centres de formation, et des entreprises privées et publiques. Les résultats condensés dans ce Livre Blanc sur le Digital Learning offrent une cartographie représentative des nouveaux usages numériques sur le marché de la formation.

Il en ressort que les technologies numériques sont aujourd’hui pleinement intégrées dans les enseignements prodigués par les structures de formation. Ainsi depuis 2016, les formations 100 % présentielles ne représentent plus qu’un tiers du total, tandis que les formations mixtes (58 %) et les formations uniquement à distance (7 %) constituent la grande majorité de l’offre disponible. L’ensemble des entreprises sont concernées par cette transformation quelle que soit leur taille.

Cet essor du digital learning s’explique aisément par les avantages qu’en tirent les entreprises, qui apprécient la réactivité des solutions mixtes ou à distance permettant de réduire le délai entre la commande d’une formation et sa délivrance.

Toutefois, c’est surtout l’argument financier qui fait pencher la balance : le numérique étant perçu comme un moyen de réaliser des économies par rapport au 100 % présentiel sur les budgets de formation.

Par ailleurs, le livre blanc montre que le développement du numérique favorise l’émergence de formations sur-mesure, adaptées aux besoins spécifiques de chaque société/salarié. De plus en plus d’entreprises se mettent même à produire leurs formations digitales en interne ou avec l’aide d’une société externe afin de gagner en indépendance. Les apprenants se disent eux aussi attirés par ces parcours individualisés ayant un lien plus direct avec leurs problématiques métier. En conséquence, la part des contenus sur catalogue ne cesse de baisser d’année en année…

2. Les formations mixtes sont privilégiées par les entreprises

La montée en puissance des formations digitales ne signe pas pour autant la fin du présentiel, bien au contraire ! Car ce sont les formations mixtes qui sont les plus plébiscitées par les entreprises, et non pas les formations entièrement à distance. Il n’est donc plus question de remplacer ou de supprimer le présentiel, mais plutôt de « l’améliorer » en lui ajoutant des modules distanciels : classe virtuelle, e-learning scénarisé, fast learning, social learning, serious game, etc.

En outre, les écarts de performance perçus entre les différentes modalités d’apprentissage tendent à s’estomper dans l’esprit des organismes de formation et des responsables RH. Ce qui signe la fin de l’ancienne croyance qui voulait qu’une méthode pédagogique soit nécessairement plus efficace qu’une autre. En l’occurrence, le présentiel perd du terrain parmi « les modalités pédagogiques jugées les plus efficaces », au profit du e-learning scénarisé et de la classe virtuelle !

A l’inverse, les entreprises préfèrent miser sur la complémentarité des méthodes pédagogiques en offrant à leurs salariés un large éventail de modes de formation afin d’agir sur tous les fronts en même temps. L’objectif n’est pas de choisir la meilleure méthode d’apprentissage en tant que telle, mais davantage de savoir utiliser la bonne méthode au bon endroit et au bon moment. Le parcours multi-modal devient peu à peu synonyme d’efficacité aux yeux des décideurs.

3. De l’importance de l’accompagnement et du tutorat

Autre point à retenir de ce Livre Blanc sur le Digital Learning : l’importance pour les apprenants de bénéficier d’un tutorat dans le cadre des formations mixtes ou à distance, vu que l’efficacité de ces deux parcours est fortement corrélée au niveau d’accompagnement proposé. Selon les chiffres recueillis par la société Talentsoft, sans une intervention du formateur physique ou interactive, près d’un participant sur deux ne va pas jusqu’au bout du programme !

Le tutorat s’avère donc indispensable pour assurer la bonne réalisation d’une formation digitale et obtenir un taux de complétude élevé.

Dans ce contexte, le formateur voit son métier évoluer avec les nouveaux usages numériques : il ne réalise plus la formation lui-même mais anime et guide le parcours pédagogique de chaque salarié, il n’instruit plus le participant mais pilote et motive son apprentissage en lui apportant des compléments bienvenus…

Mais, au-delà des considérations sur l’interaction sociale ou l’ergonomie de la formation digitale, c’est bien la « qualité du contenu brut » qui explique pour l’essentiel le niveau d’engagement des apprenants. Dès lors, même si l’expérience-utilisateur et le niveau du tutorat sont des critères très importants, pour les salariés le « fond » l’emporte encore et toujours sur la « forme » lorsqu’il s’agit de capter et de conserver leur attention.