À l’heure des OPCO, quel avenir pour OPCALIA ?

11 Oct 2018 | L'actu en bref | 1 commentaire

OPCA de branches, Opcalia est aussi l’un des deux OPCA interprofessionnels agréés. Ce statut lui permet de proposer ses services aux entreprises de tout secteur d’activité non couvertes par un OPCA de branches et choisissant de cotiser. Mais quel peut être l’avenir des OPCA interprofessionnels avec le regroupement annoncé des futurs OPCO en « secteurs cohérents » ? 

L’impact de la loi Avenir professionnel sur Opcalia

Le rapport Marx-Bagorski, déjà objet d’un article sur ce blog, a préconisé la disparition des OPCA au profit d’une réorganisation de leurs branches en onze OPCO, en privilégiant une « logique de cohérence économique ».

Plusieurs représentants d’Opcalia se sont récemment exprimés sur les impacts de cette réforme sur l’OPCA interprofessionnel géré à parts égales par des représentants du MEDEF et des représentants de plusieurs syndicats.

Interviewé dans le magazine Entreprises et Carrières du 30 septembre dernier, Yves Hinnekint, directeur général d’Opcalia, ne manifeste pas d’inquiétude. Selon lui, la vraie question que pose le rapport Marx Bagorski est de savoir « quels OPCA serviront de supports pour la fondation des nouveaux OPCO ».

Relevant que des aménagements sont prévus pour les secteurs échappant aux onze filières recommandées dans le rapport, il pointe la possibilité pour les branches de « s’appuyer sur les OPCA interprofessionnels qui disposent d’un maillage territorial précieux ». Il définit également le nouveau positionnement d’Opcalia, qui entend devenir « l’OPCO interfilières des services ». Le directeur général de l’organisme paritaire révèle travailler dans cette direction depuis trois mois avec plusieurs branches, notamment celles de l’énergie et de l’environnement. Il cite également celles du luxe et des travaux créatifs.

Quelles conséquences sociales à redouter pour Opcalia ?

Avec la restructuration annoncée, difficile de ne pas se poser la question de la « casse sociale » que pourrait connaitre Opcalia qui, rappelons-le, emploie près de 850 salariés répartis dans 27 délégations régionales.

Le Président d’Opcalia Eric Depond (Medef) et son vice-président Yannick Ghoris (CFDT) se sont exprimés sur le sujet fin juillet sur le site https://reforme.centre-inffo.fr (« Le journal de la réforme de la formation 2018 »).

Selon Eric Depond, Opcalia peut se prévaloir d’une bonne santé économique, ce qui préserverait l’organisme paritaire des « éventuels tumultes liés à la réorganisation à venir dans l’univers des opérateurs de compétences ».

Yannick Ghoris, lui, relativise les impacts de la perte de la collecte : « cette activité n’a jamais occupé une place centrale dans notre organisation interne. Nous saurons absorber sans difficulté les transformations à venir et la redéfinition du rôle des OPCA ». Le vice-président d’Opcalia avance même que l’organisme pourrait être amené à gérer davantage de fonds qu’il ne le faisait avant la réforme, en insistant sur sa responsabilité « pleine et entière sur l’alternance ».

Yves Hinnekint abonde dans ce sens en relevant l’importance des missions que devra conduire Opcalia dans ce domaine : « Opcalia gère 30 000 Contrats de professionnalisation. Demain, je ne sais même pas combien de contrats d’alternance nous devrons prendre en charge ». Prudent, le directeur général indique aussi avoir ouvert des négociations avec la plupart des régions « afin de fonctionner en bonne intelligence sur l’apprentissage ».

 

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