La formation professionnelle, meilleur outil de fidélisation des talents ?

16 Nov 2017 | Sous l'angle RH | 0 commentaires

À l’heure de la rationalisation des coûts dans tous les domaines, la fidélisation des talents n’est pas seulement une question stratégique pour l’entreprise. C’est aussi un enjeu financier, tant recruter des collaborateurs de qualité requiert de nombreuses ressources matérielles et humaines. Découvrez comment la formation professionnelle peut être votre meilleure alliée pour fidéliser vos équipes.

Répondre aux attentes des collaborateurs, un grand enjeu pour les DRH

La formation des collaborateurs ne peut être envisagée uniquement comme un outil d’amélioration de leurs compétences au bénéfice de l’entreprise. Même s’il est logique que cet objectif passe avant tous les autres, une organisation ne peut faire l’impasse sur les attentes de ses collaborateurs dans sa politique de formation.

Ces attentes sont en effet devenues fortes, aussi bien en termes d’épanouissement que d’évolution et de montée en compétences. L’évolution du monde du travail ces dix dernières années, étroitement liée à la révolution digitale, les a exacerbées.

Les collaborateurs sont aujourd’hui conscients qu’aucune situation n’est jamais acquise en entreprise. L’évolution rapide des marchés, des compétences nécessaires et des stratégies des groupes peuvent, à court terme, mettre hors circuit même un profil de grande qualité. Stratégique pour l’avenir de l’entreprise, l’agilité l’est aussi devenue pour les collaborateurs. Ces derniers sont d’ailleurs, comme l’indique le dernier baromètre Cegos, 99 % à considérer qu’il est important de se former tout au long de leur vie professionnelle. Un employeur qui ne leur permet pas de le faire correctement ne pourra pas tabler sur leur fidélité.

Par ailleurs, selon de nombreux experts de l’entreprise et du management, les deux leviers majeurs de fidélisation des talents (hors rémunération) sont aujourd’hui la qualité de vie au travail (QVT) et l’expérience collaborateur. Or la qualité de vie au travail ne se limite pas à la problématique de la porosité vie personnelle/vie professionnelle ; les dimensions d’épanouissement et d’évolution y sont primordiales. De même, l’expérience collaborateur ne peut se réduire à la mise à disposition d’un SIRH et d’outils digitaux de pointe : le gestion de carrière et le développement de l’employabilité en sont des aspects importants.

Parce qu’elle participe directement à la qualité perçue de la QVT et de l’expérience collaborateur, la formation professionnelle doit jouer un rôle de premier plan dans toute politique de fidélisation efficace.

L’innovation pédagogique, un levier majeur de fidélisation

Nous vivons une époque inédite, où les collaborateurs se sont approprié des technologies pour leur usage privé avant même qu’elles ne soient en place dans l’entreprise. Dans ce contexte, la soif d’innovation pédagogique est grande chez les apprenants : sur le plan des thèmes de formation, bien entendu, mais aussi sur celui des dispositifs d’apprentissage.

Les collaborateurs ne veulent pas seulement être formés, ils veulent l’être de façon performante, attractive, et si possible ludique. Ceci explique le succès des serious games, qui répondent aux besoins de mise en situation par la simulation, ou de la réalité virtuelle. Plus courants, des outils comme les MOOC et autres SPOC permettent déjà de sortir du cadre, désormais suranné, des formations assurées exclusivement en cours présentiels.

Au-delà des outils utilisés pour transmettre le savoir, toute innovation suscitant l’intérêt et la satisfaction des participants – changement de lieu, variété des méthodes (blended learning), personnalisation de l’apprentissage… – contribue à servir les objectifs de fidélisation.

Enfin, la place accordée au collectif dans les nouveaux dispositifs d’apprentissage n’est pas à négliger pour fidéliser les collaborateurs. Apprendre ensemble s’avère en effet un excellent moyen de créer du lien entre des collaborateurs et de favoriser leur attachement à l’entreprise.

La formation professionnelle, un outil pour créer du lien

L’e-learning « pur » est parfois accusé d’isoler les apprenants, ce qui explique le succès des modes de formation mixtes. Les forums, puis les réseaux sociaux ont accru chez les collaborateurs le désir de s’entraider, de partager une expérience, de progresser en groupe.

De nombreux outils digitaux répondent à cette demande de collectif : les MOOC, les RSE (réseaux sociaux d’entreprise), les forums des plateformes LMS (Learning Management System)… Parmi les différentes approches de la formation, le social learning favorise particulièrement la dimension collective. Opter pour le social learning implique d’identifier des sujets se prêtant à une co-construction des savoirs, autrement dit des thématiques transversales et d’intérêt commun. Il convient ensuite de s’appuyer sur des outils variés – réseaux sociaux, chats, forums… – et de prévoir un community management pour orchestrer l’apprentissage.

Plus largement, il est possible d’intégrer certains éléments de social learning dans toute stratégie de formation pour développer le lien social. L’essentiel, dans cette optique, est de ne pas avoir peur de mélanger les statuts, les personnalités, les âges. D’un groupe hétérogène peut naître une véritable dynamique qui favorisera les échanges, le partage de connaissances et la transmission de compétences.

Encadrés et coachés par le formateur dans cette démarche, les apprenants se nourrissent les uns les autres. Les liens créés durant la formation permettent de développer un véritable esprit d’entreprise, c’est-à-dire inter-équipes ou inter-services. Un atout irremplaçable en termes de fidélisation.

Former ses collaborateurs est un excellent moyen de développer un véritable sentiment d’appartenance à l’entreprise. En outre, la sérénité est toujours une clé de fidélité : offrir aux collaborateurs de la visibilité sur leur avenir, à travers des parcours de formation cohérents et étalés dans le temps, témoigne de ce que l’entreprise croit en eux, qu’elle est prête à investir sur leur potentiel. Il n’existe pas de meilleure démarche pour générer de la confiance, ce préalable indispensable à la fidélité.