Quel directeur financier, dirigeant d’entreprises n’a pas déjà pesté sur l’impossibilité d’amortir ses dépenses de formation ?

Le débat ne date pas d’hier aussi bien au sein des entreprises qu’à l’extérieur. Depuis les années 60, nombreux sont les économistes- inspirés par Gary Becker et ses écrits sur la notion de  » capital humain »-, à débattre de l’opportunité de traiter les achats de formation, comme un investissement, identique aux autres. La possibilité pour les entreprises françaises d’avoir recours à l’amortissement pour les achats de formation, s’apparente donc à une petite révolution !

L’autorité des normes comptables (ANC), poussée par le Ministère du Travail vient en effet d’autoriser l’amortissement des dépenses de formation réalisées par un prestataire externe quand ces dépenses accompagnent un investissement. La précision est importante: on ne parle pas, d’actualisation des compétences ou de remise à niveau. Les formations internes sont également  – et sans surprise – clairement exclues du champ d’application.

Néanmoins, les impacts de cette nouvelle règle comptable pour l’entreprise, sont de taille. Si l’entreprise procède à l’achat d’un outil de production et qu’une formation est nécessaire, celle-ci sera amortissable au même titre que l’outil.  Concrètement, ces formations pourront être inscrites à l’actif du bilan tout que des achats en matériels informatiques ou véhicules et seront ainsi potentiellement lissées sur plusieurs années. Il ne s’agît toutefois pas d’une obligation et l’entreprise pourra continuer si elle y a intérêt, à inscrire ces dépenses en charge (compte 6333).

Un enjeu en terme de communication

Autre nouveauté : les dépenses de formation pourront être détaillées dans l’annexe comptable. A nouveau, il  s’agît  d’une option que chaque dirigeant pourra choisir d’exercer ou non. L’intérêt de lister ces dépenses ? La mention sur un bilan comptable, des montants investis en formation professionnelle, ou du pourcentage des salariés ayant bénéficié d’une formation sur l’exercice, devrait naturellement permettre de faire le lien entre formation et compétitivité.

Cette décision de l’ANC apparaît comme un signal fort adressé à l’ensemble des acteurs du secteur et aux entreprises françaises, que ce soit au niveau comptable ou au niveau communication. C’est aussi une mise en application concrète des engagements du Ministère du Travail en faveur de la formation.