La formation à l’heure du travail collaboratif

31 Jan 2017 | Innovation et tendances | 0 commentaires

Le travail collaboratif comme nouveau Graal des entreprises… Pour rester compétitives, elles misent sur l’intelligence collective : chaque collaborateur doit avoir la perspective de contribuer à trouver des solutions innovantes. Focus sur le mix gagnant de la formation et des plateformes collaboratives.

 

Comment impliquer tous les niveaux de l’entreprise pour déployer un savoir-faire, des compétences et des connaissances identiques à l’échelle d’un pays, d’un continent ou du monde ? Comment anticiper les risques de se voir dépasser par un concurrent plus réactif ? Trouver des solutions alternatives est plus que jamais une priorité.
De plus en plus d’entreprises y travaillent, avec succès. Elles revoient leurs modes de collaboration en plaçant leurs utilisateurs au cœur de leurs activités et du changement de leur organisation. Il s’agit d’aller plus loin encore que les simples réseaux sociaux professionnels. De déployer des outils productifs et pédagogiques s’intégrant réellement au processus productif.

Le travail collaboratif, une tendance forte en entreprise

Des plateformes collaboratives d’un nouveau genre mêlent désormais adroitement formation et gestion opérationnelle.

De nouveaux outils collaboratifs pour de nouveaux modes de travail :
Pour outiller leur transformation numérique, 80 % des entreprises du CAC 40 ont lancé un projet de Réseau social d’entreprise (RSE).

Leurs objectifs ? Fluidifier la communication et favoriser la transversalité, l’intelligence collective, l’agilité et l’innovation. Les RSE créent en effet une vraie dynamique d’émulation collective. Ils facilitent la mise en relation de collaborateurs ayant des intérêts communs et cassent les silos organisationnels habituels.

Pour autant, la mise en œuvre d’un RSE ne suffit pas. La « générosité » naturelle des collaborateurs qui voudront bien partager leurs savoirs et compétences ne se décrète pas. La réussite d’un RSE, et plus globalement d’une réorganisation de l’entreprise, implique que celle-ci sache développer un véritable engagement viral de tous ses collaborateurs, et dans la durée. C’est d’ailleurs souvent à ce niveau que le bât blesse lorsqu’il y a échec dans la mise en œuvre d’un RSE.

Focus sur le développement des blockchains

Plus fort que les RSE, la blockchain… Elle amorce ce qui pourrait être une révolution en matière de travail collaboratif. A l’origine, la blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Transposée dans le domaine RH, cela donne le pari fou de se passer de toute structure de l’entreprise. Une sorte d’organisation du tout-collaboratif en totale auto-gestion, à la manière des kibboutz israéliens. C’est d’ailleurs ce qui a inspiré le fondateur de la plateforme collaborative Backfeed avec son système de gouvernance décentralisée : le protocole Blockchain prend la place de l’autorité, la communauté ayant la majorité décide de la rémunération de chacun. D’autres start-up s’appuient sur la blockchain, donnant tout pouvoir aux algorithmes. Le tout-collaboratif révolutionne l’organisation du travail, avec un management plat où chacun a la possibilité de gérer comme il l’entend son rôle dans l’entreprise. Il révolutionne également la formation, puisque chacun, là encore, peut choisir d’apporter sa contribution à l’édifice.

La formation s’adapte aux usages collaboratifs

De nouveaux outils et pratiques d’apprentissage collaboratif bouleversent les usages.

L’apprenant au coeur de l’approche pédagogique

Le temps où un formateur construisait son savoir pour ensuite le diffuser est révolu. Il y a désormais collaboration et co-construction du savoir. Le formateur n’est plus principalement diffuseur d’un contenu mais animateur d’un contenu construit par ses pairs. C’est en quelque sorte une pyramide des savoirs inversée qui bouleverse les codes de la formation.
Cette formation, désormais collaborative, a ceci de révolutionnaire qu’elle s’attache à l’expérience individuelle pour en déployer une réalité collective. Fortement opérationnelle, elle part de problématiques concrètes, sur le terrain, pour les confronter au vécu et compétences de chacun et permettre ainsi de réinventer un nouveau modèle. Elle s’appuie sur le principe systémique que la totalité excède la somme de ses parties (1+1>2). Cette nouvelle pédagogie s’inscrit résolument dans la composante même d’une entreprise collaborative, veillant à favoriser l’interactivité et le partage des connaissances afin d’inventer des solutions innovantes.

Des outils de travail collaboratif pour des contenus inédits

La transformation numérique a permis d’accélérer ce mouvement d’apprendre ensemble. Elle favorise la collaboration de tous les instants (avant, pendant, après la formation proprement dite) entre le formateur et les apprenants, et entre les apprenants eux-mêmes.

Le blended Learning (combinaison entre formation en présentiel et à distance) est ancré dans le paysage de la formation depuis quelques années déjà. Les entreprises sont aujourd’hui de plus en plus séduites par l’utilisation notamment des MOOC, des forums, des messageries et autres wikis, du e-learning, de serious games et des technologies mobiles. Les outils de travail collaboratif ont largement fait leur chemin dans les entreprises.
En matière de co-construction d’un savoir partagé, la tendance est à l’utilisation de méthodes ayant largement fait leurs preuves dans leur présentation plus traditionnelle :

  • l’écriture collaborative ;
  • le brainstorming (exemple de tableaux blancs collaboratifs) ;
  • le mindmapping, pour cartographier les informations sous forme de représentation arborescente de données ;
  • les salles de réunion virtuelle, les vidéo-conférences.

Des outils se créent tous les jours. Ils bouleversent nos modes d’apprentissage. Ils servent, de façon insoupçonnée, à développer les savoirs et compétences de l’entreprise, acquis souvent sur un mode traditionnel. Ils permettent de se les réapproprier en générant des contenus inédits, avec des angles audacieux. Ils contribuent in fine à trouver des solutions concrètes que la formation traditionnelle aurait bien été en peine de trouver. Mais ils ne prennent véritablement sens que dans une entreprise pleinement collaborative.

 

L’évolution rapide des marchés, des modes de travail et d’organisation, justifie plus que jamais d’opérer ses choix de formation avec discernement. Ces choix doivent être faits en bonne adéquation avec la démarche RSE engagée par l’organisation, et donc favoriser et renforcer l’employabilité des salariés. L’un des défis qui se posent aux DRH et Responsables de formation dans ce cadre est de n’exclure aucune catégorie de salariés de la formation. Atteindre cet objectif suppose cependant, chez certains dirigeants, une petite révolution culturelle : attacher moins d’importance à la formation initiale et davantage à la formation continue contribuerait à la fois à décrisper le marché de l’emploi et à donner une seconde chance aux moins qualifiés.