Digitalisation des formations existantes : comment faire ?

27 Sep 2017 | Conseils Pratiques | 0 commentaires

Si vous essayez aujourd’hui de trouver un article traitant de formation où n’apparaisse pas le mot « digital », vous risquez de le chercher longtemps ! Toutes les études, comme celle conduite chaque année par l’Institut supérieur des technologies de la formation (ISTF), le disent : environ 75 % des entreprises interrogées ont déjà utilisé le e-learning, et plus de 70 % souhaitent accélérer son usage dans les plans de formation. Certes, la digitalisation est incontestablement un défi majeur de la formation, mais les entreprises ne doivent pas s’y tromper : le véritable enjeu n’est pas de digitaliser à tout prix l’offre de formation, mais d’optimiser celle-ci grâce au digital, ce qui est bien différent. Voici quelques étapes à observer pour digitaliser votre offre avec discernement.

Miser sur le blended learning pour une digitalisation progressive

Avant de vous lancer dans la digitalisation des ressources, il convient d’auditer l’existant pour ne pas perdre de vue les fondamentaux que doit servir la mue de la formation vers le numérique. Vérification de la pertinence et de la clarté des objectifs, contrôle du système d’évaluation associé à chacun d’eux et analyse approfondie du programme de formation vous permettront d’amender ce qui nécessite de l’être, et de « partir sur des bases saines ».

Pour donner à la digitalisation de la formation toutes ses chances de succès, il est indispensable d’avancer progressivement.

Privilégier le blended learning est le meilleur moyen de mettre en place une transition « douce ». La transformation numérique va avoir un impact sur la façon de construire, concevoir et animer les parcours de formation, aussi vous faut-il prévoir un dispositif d’accompagnement de chacun des acteurs du service formation.

Pour une meilleure acculturation de l’équipe au changement d’outils et de rythme induits par la digitalisation, le passage au blended learning peut s’opérer en plusieurs temps, par exemple :

  • 1er temps : introduction d’outils numériques en formation présentielle
  • 2e temps : mise en place de dispositifs de e-learning en amont ou en aval de séances présentielles
  • 3e temps : mixage des différentes modalités de formation et développement du social learning.

Cette approche permettra également aux bénéficiaires des formations de s’accoutumer petit à petit, sans exclure certains collaborateurs. Plus une entreprise est grande, plus les différences peuvent être marquées d’une catégorie de personnel à l’autre (ou d’une classe d’âge à une autre) en termes de dispositions et d’appétence pour le numérique. Votre projet de digitalisation ne doit laisser personne à l’écart, sous réserve d’être mal accueilli. À ce titre, un plan de communication à destination des apprenants, voire un programme de tutorat, accompagnera utilement votre projet.

Catégoriser les formations à digitaliser

À chaque objectif pédagogique correspondent une ou plusieurs formations permettant de l’atteindre. Comment discerner, sur le plan pédagogique, les formations qu’il sera plus pertinent de dispenser à distance et celles qui doivent encore recourir au présentiel, ou être suivies en situation de travail ? Si l’efficacité pédagogique est évidemment le premier critère, il vous faut aussi considérer les coûts de conception, de réalisation et de diffusion de chaque formation digitalisée.

De façon très générale, on peut considérer que ce qui concerne les savoirs non directement applicables en situation de travail (par exemple, sur l’histoire de l’entreprise) peut être acquis à distance. Ce qui relève du savoir-être sera plus efficacement développé à travers une formation en situation de travail ou en présentiel. On aura pour les savoir-faire, pierre angulaire de nombreux plans de formation, recours à un mixte de ces modalités en fonction du contenu à dispenser, des coûts, mais aussi de la personnalité et du niveau des apprenants.

Besoin de simplifier la recherche de vos prestataires de formations ?

Opter pour des supports adaptés à l’objectif… et au budget

Digitaliser les ressources pédagogiques existantes constitue le grand travail de tout projet de digitalisation de la formation : chaque exposé, exercice ou jeu va migrer sur un support choisi à la fois en fonction de l’objectif pédagogique et de votre budget. On peut distinguer trois grandes familles de supports digitaux de la formation :

  • La vidéo : avec orateurs face à la caméra (de type MOOC), plus immersive à la façon d’un tutoriel (de type Go-pro), en replay (rediffusion d’un webinar ou d’une classe virtuelle) ou en motion design (de type « infographie animée »)
  • L’e-learning interactif : exercice d’analyse critique, jeux pédagogiques et autres quiz permettent une meilleure appropriation des contenus par les apprenants grâce à l’interactivité.
  • La simulation : serious games, simulateur et réalité virtuelle permettent à l’apprenant de s’entraîner sans risque, dans des conditions pouvant reproduire fidèlement ses situations de travail.

En termes de coûts, le support vidéo reste performant et apporte des résultats satisfaisants pour un grand nombre de formations. Le coût de l’e-learning, lui, grimpe en fonction du niveau d’interactivité des modules. Les dispositifs de simulation sont, eux, nettement plus onéreux : un minimum de 50 K€ est à prévoir pour un module de 15 à 30 min.

Choisir une plateforme LMS évolutive et aux standards actuels

Les plateformes LMS (Learning Management System) sont des logiciels web dédiés à la formation en ligne. Ces solutions permettent d’accompagner l’apprenant dans son parcours pédagogique et ses processus d’apprentissage à partir d’un ordinateur connecté. Cependant, les plateformes LMS vont aujourd’hui bien au-delà de la diffusion de modules e-learning !

En pleine expansion, le marché des plateformes LMS se caractérise par des solutions au spectre fonctionnel de plus en plus large. La plupart d’entre elles permettent de gérer la formation en e-learning, blended learning et social learning, certaines intégrant également la gestion de la formation présentielle, l’évaluation des collaborateurs et la gestion des talents, mais aussi la gestion administrative et financière de la formation. Cette dimension financière revêt une importance particulière dans le contexte actuel.

De fait, à l’heure où les directions générales des groupes expriment leurs attentes en termes de ROI de la formation, les plateformes LMS doivent contribuer à une optimisation des dépenses. Un autre grand enjeu pour ces solutions est de prendre en compte la variété et la complexité des dispositifs de formation, qui combinent des formats pédagogiques de plus en plus diversifiés et innovants. Les points de vigilance à observer dans le choix d’une plateforme LMS et les tendances fortes de ce marché seront abordés dans un prochain article.