Covid-19 et formation professionnelle : ce qu’il faut savoir

16 Avr 2020 | L'actu en bref | 0 commentaires

Alors que la France vit sa cinquième semaine de confinement, retour sur les impacts de la pandémie de Covid-19, les mesures d’urgence et les dispositions mises en place en matière de formation professionnelle. Dans ce contexte difficile, si la formation professionnelle s’est fatalement trouvée ralentie par la crise sanitaire, elle sait aussi faire preuve d’adaptabilité et de dynamisme pour faire face. Autre élément positif, l’État va prendre en charge la formation des salariés en chômage partiel. 

Les mesures d’urgence pour la formation et l’apprentissage

Sitôt le confinement décidé s’est posé la question de la continuité et de la validité des sessions de formation continue ou d’apprentissage. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a réagi en présentant en Conseil des ministres une ordonnance permettant de prolonger les contrats d’apprentissage ou de professionnalisation. Celle-ci a été signée par le président de la République le 1er avril 2020 et publiée le lendemain au Journal officiel.

Prise en application de l’article 11 de la loi du 23 mars 2020 d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid-19, l’ordonnance instaure des reports d’échéances pour les employeurs et les organismes de formation. L’objectif a manifestement été de sécuriser le plus possible les stagiaires de la formation professionnelle, les apprentis et les organismes de formation. Le texte prévoit notamment :

  • la prolongation des contrats d’apprentissage et de professionnalisation, en réponse à la suspension de l’accueil des apprentis et des stagiaires par les centres de formation d’apprentis (CFA) et les organismes de formation depuis le 12 mars 2020 ;
  • l’allongement de trois à six mois de la durée de formation d’un jeune dans un CFA, dans l’attente de la conclusion d’un contrat d’apprentissage ;
  • le report au 31 décembre 2020 (au plus tard) de la réalisation des entretiens d’état des lieux du parcours professionnel ;
  • l’adaptation des modalités de validation des acquis de l’expérience (VAE), avec une possibilité notamment de validation à distance ;

L’ordonnance annonce également le report au 1er janvier 2022 (au lieu du 1er janvier 2021) de l’obligation pour les prestataires de formation d’être certifiés pour obtenir des fonds publics ou mutualisés. Quant à l’enregistrement au répertoire spécifique des certifications et habilitations, il est repoussé au 31 décembre 2021 (au lieu du 1er janvier 2021).

Le distanciel en pointe dans le contexte créé par le Covid-19

Le distanciel avait déjà le vent en poupe avant la pandémie, même si les entreprises l’associent généralement à du présentiel (blended learning) : à l’heure du confinement généralisé, reconnaissons que cette modalité offre des possibilités dont on n’aurait pu que rêver durant les années 2000 !

En ce qui concerne le maintien des formations en cours, mais aussi celui des plans de formation, des acteurs du digital learning et de la EdTech France ont rapidement proposé leurs solutions techniques pour assurer la continuité de la formation dans les organismes ou au sein des entreprises.

On peut ainsi citer l’AFPA, le CNED, Educagri, Nathan, Openclassroom ou Pix, qui ont mis gracieusement à disposition des outils pour assurer la formation à distance et des ressources pédagogiques destinées aux organismes de formation ou aux CFA. Accessibles gratuitement pour une durée de trois mois, ces ressources ont été recensées sur le site du ministère du Travail.

Les entreprises sont évidemment preneuses de dispositifs performants pour fonctionner à distance, mais aussi pour assurer la continuité des formations. La société Glowbl elle aussi membre de l’association EdTech, a ainsi vu les demandes pour sa solution de classe virtuelle et de réunions en ligne multipliées par six en une semaine.

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Financement par l’État de la formation des salariés en chômage partiel

Par ailleurs, n’oublions pas que l’épidémie de Covid-19 peut aussi être vue comme une opportunité pour les employeurs de former leurs collaborateurs, et pour ces derniers d’accroitre leurs compétences. On pense évidemment aux presque 8 millions de salariés mis par leur employeur en chômage partiel.

L’exécutif souhaitant éviter un désinvestissement des entreprises dans la formation, l’État va mettre la main à la poche. L’aide à la formation du Fonds national de l’Emploi (FNE-Formation) va ainsi être adaptée. Selon le ministère du Travail, les entreprises vont pouvoir y recourir pour «tous les salariés en activité partielle» si elles en font la demande, hormis pour les contrats d’apprentissage et de professionnalisation.

Le ministère indique également que l’État prendra en charge « 100% des coûts pédagogiques » des actions de formations réalisées dans le cadre du plan de développement des compétences. À l’exception des formations obligatoires, toutes les formations réalisées sur le temps de travail seront éligibles, de même que les actions de VAE (validation des acquis de l’expérience) et de bilans de compétences.

 

Depuis le 14 avril, une convention simplifiée entre l’entreprise demandeuse (ou son OPCO) et la direction régionale du travail permet l’entrée en vigueur de ce dispositif. Nous ne saurions trop encourager les DRH et responsables du développement des compétences à mobiliser leurs salariés actuellement en chômage partiel sur cette possibilité. De fait, les entreprises auront intérêt à être prêtes – et plus performantes que jamais – pour affronter le contexte incertain de l’après-confinement.