En plein essor, le coaching relève-t-il de la formation ?

19 Oct 2017 | Tendances du marché | 0 commentaires

C’est peu de dire que le coaching est à la mode. Souvent galvaudé, le mot est si utilisé que l’on finit parfois par se demander ce qu’est exactement le coaching. Pourquoi connaît-il un tel essor dans le monde de l’entreprise ? Relève-t-il ou non de la formation professionnelle, et peut-il s’y suppléer ? Éléments de réponse.

À l’instar de la formation, le coaching peut être défini dans le monde du travail comme une discipline dédiée au développement des compétences professionnelles. La principale raison de l’expansion du coaching en France et en Europe réside dans l’évolution économique et technologique de notre société, qui a profondément changé le visage du travail ces dix dernières années.

Le coaching pour développer les soft skills les plus recherchées

Dans un contexte où le l’innovation digitale redessine perpétuellement les marchés, les attentes des clients et le fonctionnement même des organisations, l’agilité est devenue une qualité maîtresse pour l’entreprise. Savoir s’adapter, anticiper, réagir rapidement et positivement au changement est devenu indispensable pour se projeter dans l’avenir… ne serait-ce qu’à deux ans ! Ces caractéristiques de l’entreprise performante doivent évidemment être portées et incarnées par les dirigeants, les managers et les cadres. Plus que de simples qualités personnelles, elles sont élevées au rang de compétences (« skills » en anglais).

Ces compétences personnelles, émotionnelles et relationnelles (dites soft skills) sont d’autant plus recherchées que les compétences liées à la maitrise d’un ou plusieurs savoirs (hard skills) deviennent moins décisives sur le long terme. C’est l’un des effets de la révolution digitale : un langage informatique maîtrisé aujourd’hui peut devenir obsolète en très peu de temps. Part ailleurs, les outils actuels permettent d’acquérir rapidement certains savoirs. Sans même parler des modalités d’apprentissage innovantes dont nous traitons souvent sur ce blog, Internet met à portée de clic pléthore d’informations et de tutoriels dans de nombreux domaines.

Dès lors, aux yeux d’un nombre croissant d’entreprises, l’essentiel est moins aujourd’hui de maîtriser l’ensemble des hard skills relatives à un secteur ou une fonction que de posséder les soft skills – par exemple l’adaptabilité, le sens de l’initiative… – qui permettront d’acquérir rapidement ces savoirs au fil de l’eau.

Le coaching, incontournable pour les managers ?

Conséquence de cette évolution, le développement de certaines soft skills au sein des organisations est aujourd’hui une tendance forte, en particulier sur les profils de managers.

Le coaching, par l’approche différente qu’il propose du développement des compétences, semble plus approprié que la formation (du moins dans son mode traditionnel) pour valoriser les compétences « informelles ». Voilà pourquoi, dans les faits, il s’adresse principalement aux cadres ou personnes ayant une position dirigeante ayant besoin d’accroitre rapidement leurs compétences communicationnelles, relationnelles et émotionnelles.

Le coach, une posture différente du formateur

Alors que la formation intervient principalement sur les plans informatif et technique, ce qui est indispensable pour transmettre un savoir-faire à des participants, le coaching laisse une très large place à l’écoute du bénéficiaire. Contrairement au formateur, le coach n’intervient pas en tant qu’expert vis-à-vis d’un apprenant. En se plaçant d’égal à égal avec le coaché, il va s’appuyer sur certains ressorts psychologiques pour lui permettre de trouver lui-même des solutions concernant sa situation spécifique. Différence majeure avec la formation : le coach et son client décident ensemble du contenu du programme, du timing et des étapes à suivre, là où le formateur est responsable du contenu de la formation et de son déroulement.

En d’autres termes, le travail d’un coach vise à donner au bénéficiaire les moyens de trouver les solutions pour manager ses équipes, les faire performer, gérer les conflits sociaux, ou encore optimiser ses relations interpersonnelles, en s’appuyant sur sa vision personnelle des problématiques, sans recette écrite. Le coaching des cadres dirigeants et managers les accompagne principalement dans les domaines suivants :

  • le management,
  • la communication et la connaissance de soi,
  • l’efficacité professionnelle,
  • la transition professionnelle.

Au sein de ces grands domaines, c’est à des problématiques concrètes que le coaching entend répondre : gestion du stress, prise de fonction, adaptation au changement (transformation digitale), etc.

Le coaching ne remplace pas la formation

Alors que le coaching est de plus en plus pratiqué au bénéfice des dirigeants et managers en entreprise, il semble bon de rappeler qu’il n’est pas une baguette magique. Certes, travailler sur son savoir-être est toujours utile pour mieux se connaître, optimiser ses échanges professionnels ou dynamiser une équipe. Cependant, rien n’impose davantage le respect professionnel des interlocuteurs – collaborateurs, clients, partenaires ou fournisseurs – qu’une bonne connaissance du secteur de l’entreprise et la maîtrise d’au moins certains savoir-faire décisifs pour le succès de celle-ci. Et dans ce domaine, la formation professionnelle est irremplaçable.

 

Le coaching relève-t-il de la formation ? Oui, dès l’instant qu’on considère que certaines qualités personnelles ou la capacité à adopter le comportement adapté dans une situation donnée sont des compétences professionnelles qu’il convient de développer. Coaching et formation sont au bout du compte complémentaires. Dans le cadre d’un programme de formation, le coaching permet d’assurer le suivi des connaissances et compétences acquises et leur bonne application en situation de travail. Il peut aussi livrer des clés précieuses pour assimiler plus facilement toute formation dispensée, et en tirer le meilleur parti.