Baromètre Cegos 2017 : la réforme de 2014 globalement bien perçue

2 Nov 2017 | Tendances du marché | 0 commentaires

À l’heure où le gouvernement s’emploie à repenser la formation de fond en comble, le baromètre Cegos 2017(1) de la formation professionnelle, présenté le 19 octobre dernier, s’est intéressé à la perception de la réforme de 2014. Trois ans après celle-ci, une majorité de DRH, de responsables formations et de salariés en dressent un bilan globalement positif.

Une avancée pour les DRH et les salariés

Si l’on ne peut réellement parler d’unanimité au sein des entreprises, le fait est là : une majorité d’entre elles (57 %) estime que la réforme de 2014 était une « bonne loi pour réformer le système », et qu’elle a « simplifié le droit à la formation ». Par ailleurs, un peu plus de la moitié des DRH et responsables formation jugent qu’elle a facilité l’accès à la formation pour des catégories de personnel qui en profitaient peu jusqu’alors.

Au sein des DRH, on considère également (89 %) que le CPF constitue « un levier pour la professionnalisation et la qualification des salariés de leur entreprise ». Une conviction suivie d’effet, puisque 88 % d’entre elles déclarent avoir accompagné ou accompagner leurs salariés dans la mobilisation du CPF.

Le sentiment des DRH est assez largement partagé par les salariés. Qu’il s’agisse ou non d’un effet de la réforme de 2014, ces derniers sont d’ailleurs 99 % à considérer qu’il est important de se former tout au long de la vie professionnelle, et 64 % d’entre eux sont même prêts à le faire en dehors du temps de travail.

Le CPF, un dispositif qui a fait bouger les lignes

En ce qui concerne le CPF, dispositif emblématique de la réforme de 2014, 7 salariés sur 10 (dont une majorité de cadres) savent précisément à quoi correspond le compte personnel de formation. On note même que 6 sur 10 ont déjà ouvert le leur sur moncompteformation.fr. Un bémol, cependant : s’ils considèrent majoritairement (61 %) que ce droit est facile à mobiliser, on relève qu’ils ne sont que 34 % à l’avoir effectivement fait.

Il reste que le CPF, peut-être aussi grâce aux campagnes d’information qui ont accompagné sa mise en place, a certainement contribué à une prise de conscience sur la nécessité de se former et le droit de tout collaborateur à la formation.

Aujourd’hui, 87 % des salariés estiment que le CPF aide à développer leurs qualifications, et 75 % à maintenir leur employabilité.

Digitalisation de la formation et accompagnement individuel, deux tendances liées

Le volet du baromètre consacré à la digitalisation de la formation confirme l’expansion de celle-ci au sein des entreprises. Les DRH estiment en moyenne que 38 % de leur offre de formation est digitalisée, cette proportion devant selon eux atteindre 56 % d’ici trois ans. Concrètement, depuis 2015, 60 % des DRH ont eu recours à des vidéos pour former leurs salariés, 53 % à des modules e-learning, 41 % à des classes virtuelles et 32 % à des MOOC, SPOC ou COOC.

Comme le résume José Montes, président du groupe Cegos, « le digital learning poursuit sa montée en puissance au service de salariés qui sont en attente de solutions accompagnées et individualisées ».

De fait, l’étude montre que les collaborateurs plébiscitent l’accompagnement individuel, qui répond « très bien » aux attentes de 59 % d’entre eux. Si le digital apparaît comme un moyen d’accroitre la personnalisation de cet accompagnement, les modalités de formation exclusivement en ligne poursuivent elles aussi leur développement. On note à ce sujet que l’accompagnement personnalisé est surtout déployé dans les grandes entreprises, les entreprises de moins de 500 collaborateurs privilégiant plutôt les formations mixtes (blended learning) et à distance.

En guise de conclusion, attardons-nous sur un chiffre livré par le baromètre Cegos qui ne manque pas d’interroger. Parmi les employés sollicités pour l’enquête, seuls 30 % considèrent avoir « tout à fait » eu l’opportunité de mettre en œuvre les acquis de formation pour leur travail dans l’entreprise. Or cette question du transfert effectif des nouveaux savoirs ou savoir-faire dans le travail demeure centrale si l’on veut parler de ROI de la formation. À ce titre, le sujet de l’évaluation de la formation, notamment sur le critère de la bonne mise en œuvre des nouvelles compétences par le bénéficiaire, constitue certainement l’un des grands enjeux des DRH et des entreprises pour les années à venir.  

 

(1) Résultats détaillés du baromètre Cegos de la formation professionnelle en 2017