Baromètre 2020 des attentes et interrogations des français vis à vis de la formation professionnelle

14 Fév 2020 | L'actu en bref | 0 commentaires

Une enquête récente réalisée à l’initiative de Centre Inffo auprès de plus de 1500 actifs apporte plusieurs enseignements sur la vision qu’ont nos concitoyens de la formation professionnelle. Des résultats sous forme de baromètre qui permettent notamment de mettre le doigt sur une problématique majeure – le manque d’information-, mais également de battre en brèche quelques idées reçues.

Des sommes plutôt bien dépensées

Une large majorité (plus de 80 %) des personnes interrogées considère que se former au cours de sa vie professionnelle permet de mieux faire son métier, d’évoluer professionnellement et de conserver son employabilité. C’est aussi, d’un point de vue plus personnel, l’occasion de prendre du recul sur son quotidien. A l’opposé, 30 % considèrent qu’une formation peut être une perte de temps.

Pour 1 actif sur 2, les fonds que les entreprises et l’Etat consacrent à la formation sont plutôt bien utilisés. Sans surprise, c’est parmi les personnes ayant le moins accès à la formation ou les plus fragiles (chômeurs, seniors), que le bât blesse. 45 % des chômeurs considèrent par exemple que l’argent est « mal dépensé ».

Cette étude a été l’occasion de documenter la manière dont les français percevaient l’accélération du rythme du changement et de l’acquisition des savoirs. Ainsi, à la question de savoir à quelle vitesse leur métier évoluait, 1 actif sur 3 déclare qu’il « évolue lentement et qu’il faut suivre des formations de temps en temps ». 33 % des personnes interrogées ressentent très nettement cette accélération : ils jugent que leur métier « évolue très vite, que leurs missions et outils changent rapidement et qu’il faut par conséquent sans cesse se former ». Certains français poussent plus loin leur réflexion et 22 % se voient changer de métier d’ici 5 ans.

Le salarié, acteur de sa formation

Parmi les questions posées dans cette riche enquête, figure le rôle joué par chacune des parties prenantes. Dans la logique de la désintermédiation, les français ont commencé à se réapproprier la formation. Fort logiquement, 84 % considèrent qu’ils ont un rôle central à jouer. Employeurs, services RH sont identifiés naturellement comme des acteurs importants (75 %), tout comme leurs managers à 64 %. Les OPCO sont considérés comme importants par 59 % des sondés. Les cadres, indépendants, fonctionnaires, salariés des secteurs de la communication, des ressources humaines, du marketing et SII vont plus facilement être moteurs. Ils ont le sentiment d’être les acteurs principaux de leurs parcours à 60%.

Plus globalement, 6 personnes sur 10 indiquent avoir repris des études ou envisagent de le faire. 18 % ont déjà suivi une formation de leur propre initiative en dehors de leurs de travail (cours du soir, MOOC…).

Le CPF, un dispositif encore trop méconnu

Tout un volant de l’enquête porte sur le Compte Personnel de Formation. Côté positif : 85 % des actifs ont entendu parlé du dispositif et 57 % voient même de quoi il s’agît concrètement. En revanche, seules 13 % des personnes interrogées ont déjà téléchargé l’application et 3 actifs sur 4 ne connaissent pas le montant de leurs droits à la formation. Quant au CPF de transition professionnelle qui remplace le Congé Individuel de Formation depuis le 1er janvier 2019, il reste un mystère pour 55 % des personnes interrogées. Le Conseil en Evolution Professionnelle n’est pas non plus totalement rentré dans les mœurs puisque 54 % des actifs en ignorent l’existence.

Des difficultés d’accès à l’information

Un volant de l’étude est consacré au sujet complexe de l’accès à l’information. Sans surprise, les actifs se sentent plutôt mal informés sur les possibilités d’être accompagnés, leurs droits, les secteurs porteurs ou encore les organismes de formation. 61 % des personnes interrogées considèrent qu’elles sont « assez mal » ou « mal informées » sur le sujet des modalités de financement. Les attentes restent fortes également sur le CPF et son mode opératoire, ceci malgré les importantes campagnes de communication menées par le Ministère du Travail depuis la mise en place du dispositif.

51 % des actifs ont un projet de formation

Un français sur deux indique avoir un projet dans les 12 mois. Ce chiffre atteint même 62 % chez les personnes ayant suivi des études supérieures au delà de Bac +2. Pour celles et ceux qui n’envisagent pas de se former à court terme, la raison principale est le manque de temps, en particulier pour les cadres (41 %). Autre explication avancée : le fait qu’aucune formation ne corresponde à leurs besoins ou leurs attentes. Un point à mettre en lien avec le déficit d’information évoqué plus haut. L’aspect financier semble secondaire puisqu’il n’est cité que par 21 % des répondants.

Si l’envie de se former est bien là, force est de constater qu’interrogés sur le type de formation envisagée, 41 % n’ont – et c’est un paradoxe – aucune idée précise de la formation professionnelle qu’ils aimeraient suivre.

Pour télécharger l’intégralité du baromètre

Enquête réalisée du 16 au 20 décembre 2019 sur un échantillon de 1559 actifs français, âgés de 18 ans par Harris Interactive en partenariat avec EPOKA pour Centre Inffo. 

 

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Vers plus de personnalisation de la formation professionnelle : adaptive learning et plateformes LXP

2019 aura été une année charnière pour la formation professionnelle, qui aura notamment vu le lancement de l’appli CPF permettant à chaque salarié de choisir sa formation, de s’y inscrire et de la payer rapidement et facilement. L’objectif de la loi Avenir professionnel étant de faire du salarié l’acteur principal de son parcours de formation, chacun souhaite pouvoir sécuriser son avenir professionnel ou envisager une reconversion.

Dans ce contexte, les exigences du collaborateur vis-à-vis de la formation continue s’accroissent : en termes de qualité des formations, mais aussi d’adaptation de celles-ci à son profil. La demande de personnalisation grandit. Pour y répondre, une connaissance plus approfondie de l’utilisateur s’avère indispensable.

Avec le Big Data, qui permet de collecter des informations sur les profils, habitudes, l’historique des formations consultées ou réalisées, etc., s’est développé le principe de l’adaptive learning. Celui-ci se propose de personnaliser la formation en s’adaptant aux besoins réels et aux méthodes d’apprentissage favorites de l’apprenant. Le machine learning (apprentissage automatique des machines), avec la mise en place d’algorithmes spécifiques, rend possible une analyse prédictive pour réajuster les programmes en fonction des progrès de chacun.

C’est sur ce principe que sont nées les plateformes LXP, ou plateformes d’expérience d’apprentissage. Valeur ajoutée de celles-ci par rapport aux LMS, elles permettent à l’apprenant de personnaliser son parcours de formation selon ses propres critères. Il lui est ainsi possible de choisir par affinités pédagogiques, par temps disponible, etc.

Certes, le coût de l’apprentissage augmente avec le degré de personnalisation. S’équiper d’une plateforme LXP performante, par exemple, représente un investissement conséquent. Mais la tendance est bien là, qui impose aux services formation de se doter d’une connaissance de plus en plus fine du profil des collaborateurs-apprenants.

 

Accompagner le désir de mobilité, gagner en performance, aller vers une vraie personnalisation des contenus et des parcours de formation : ces trois tendances représentent des enjeux forts pour les services formation en ce début d’année 2020. Toutes trois servent un objectif que l’on pourrait résumer ainsi : offrir à chaque apprenant les contenus pédagogiques les plus efficaces, au meilleur moment et sur le bon canal.