Apprentissage, professionnalisation : où en est l’alternance ?

10 Oct 2019 | L'actu en bref | 0 commentaires

La réforme de 2018 avait de grandes ambitions pour l’alternance. Elle visait notamment à rapprocher apprentissage et professionnalisation – sans pour autant franchir le pas de les fusionner – et à simplifier le recours à l’apprentissage pour les entreprises. Quels sont les premiers résultats, un an après ?

 

Les bons chiffres de l’apprentissage

C’est sur le volet « apprentissage » de l’alternance que la réforme proposait les changements les plus importants : libéralisation de la création des CFA, retrait des régions, financement au contrat, assouplissement des conditions du contrat d’apprentissage.

Un an après, les données s’en ressentent : selon les chiffres de la Dares, 321 000 contrats d’apprentissage ont été enregistrés entre juin 2018 et mai 2019, soit 4,7% de plus que pour la période précédente. Cette croissance ne peut pas être entièrement imputée à la réforme : après un début de décennie 2010 morose, l’apprentissage avait en effet renoué avec la croissance dès de 2016. Mais un autre chiffre, lui, est entièrement lié à la loi « Avenir Professionnel » : c’est celui des nouveaux CFA. Depuis un an, les Direccte ont reçu plus de 554 demandes de création de CFA, soit une progression de 58% du nombre total ! Parmi ces nouveaux centres, on compte notamment 61 CFA d’entreprise.

 

Et la professionnalisation ?

Dans le même temps, le nombre de nouveaux contrats de professionnalisation a reculé au premier semestre : -3,4% par rapport au premier semestre 2018. Il semble donc que l’apprentissage « nouvelle formule » fasse une rude concurrence à la professionnalisation. De fait, ce sont les contrats de pro destinés aux jeunes (donc positionnés sur le « marché » de l’apprentissage) qui reculent (de 8,5%). Les contrats de pro « adultes », destinés aux demandeurs d’emploi de plus de 26 ans, continuent, eux, à progresser en nombre (+5%).

Malgré l’expérimentation visant à assouplir les conditions du contrat de professionnalisation (celui-ci pourrait viser des compétences définies et non une certification), la réforme a pour le moment favorisé l’apprentissage au détriment de la professionnalisation. La somme des nouveaux contrats dans les deux dispositifs continue cependant à progresser.

 

Avec la disparition des fonds mutualisés pour le plan des entreprises de plus de 50 salariés, l’alternance devient une source de financement privilégiée. Il est probable qu’on assiste dans les mois et les années qui viennent à un développement des pédagogies qui s’en inspirent. Surtout lorsque Pro-A, qui tarde à remplacer (même en plus restrictif) la défunte période de professionnalisation, aura pris son envol.

 

Besoin de simplifier la recherche de vos prestataires de formations ?