Afest et réforme de la formation : une note remise à Muriel Pénicaud

29 Mar 2018 | L'actu en bref | 0 commentaires

Suite à une expérimentation lancée en 2016 sur l’Afest, action de formation en situation de travail, une note vient d’être remise à Muriel Pénicaud. Si l’on attend encore le rapport final sur l’expérimentation, on peut déjà présumer que la formation en situation de travail sera bien intégrée à la réforme de la formation portée par la ministre.

Deux ans d’expérimentation sur l’Afest

La transformation digitale de la formation est sur toutes les lèvres, mais on oublie trop souvent qu’elle s’accompagne d’une autre transformation : la formation en situation de travail, ou Fest. De fait, comment le digital learning pourrait-il se dispenser d’un accompagnement terrain ? Comment, parallèlement, serait-il possible de développer la Fest sans bibliothèque de contenus digitaux facilement accessible ?

La note qui vient d’être remise à Muriel Pénicaud vise à ce que le résultat des deux années d’expérimentation de la Fest – renommée Afest – soit bien intégré à la réforme de la formation actuellement en gestation. Pour mémoire, cette expérimentation a pu être conduite grâce à l’action concertée de la DGEFP [1], du Copanef [2], de l’Anact [3] et de onze Opca, l’objectif étant d’ouvrir une troisième voie d’accès à la formation à côté du stage et de la FOAD.

Une modalité pédagogique à part entière

Modalité pédagogique à part entière, l’Afest ne saurait se confondre avec une formation dite « sur le tas », autrement dit un apprentissage survenant incidemment dans le cadre du travail.

Une Afest comporte toujours un programme et des objectifs. Elle peut faire appel à des techniques et méthodes pédagogiques variées, les façons d’apprendre en situation de travail étant multiples. Comme l’indique la note, elle implique la mise en place de « deux séquences : une mise en situation permettant au salarié de faire l’expérience du travail, mais avec un objectif de formation » et une « phase de mise à distance du travail – dite phase réflexive – permettant au salarié de renforcer ses apprentissages, en confrontant, avec l’aide d’un tiers, son activité effective aux attendus de l’activité ».

L’Afest nécessite donc un encadrement pédagogique, ce qui implique l’existence d’un référent pour accompagner la personne en train de se former en situation de travail. « Le formateur interne », précise la note, « n’est ni un tuteur classique, ni un formateur en salle ». L’accompagnement vise à « soutenir la réflexivité » et « respecter les conditions formelles d’une action de formation ».

L’Afest, de par l’approche de la formation qu’elle promeut, semble indissociable d’une réforme de la formation prônant davantage de souplesse, d’accessibilité et d’efficacité. La note relève cependant qu’il conviendra « d’adapter le corpus légal et réglementaire, à la fois pour assurer la sécurité juridique » de l’Afest et « pour en préciser les conditions de mise en œuvre ».