Accès à la formation continue en Europe : la France en progrès

15 Mar 2018 | L'actu en bref | 0 commentaires

Selon des données publiées fin février par le Cereq, Centre d’étude et de recherches sur les qualifications, le taux d’accès à la formation continue des salariés français a progressé de 3 points en cinq ans pour atteindre 48 %. Des chiffres qui situent la France légèrement au-dessus de la moyenne européenne, mais encore loin des leaders.

La France 10e sur 29 pays

Pilotée par la Commission européenne et Eurostat, l’enquête Continuing Vocational Training Survey (CVTS) interroge tous les 5 ans les entreprises européennes de plus de 10 salariés sur la formation professionnelle continue qu’elles ont financée pour leurs salariés. Le Cereq a dévoilé le 28 février une partie des chiffres, pour l’année 2015, d’environ 5 000 entreprises.

Premier enseignement : à l’instar des pays du Nord traditionnellement très formateurs que sont la Suède, la Norvège et la Belgique, on relève que l’Espagne, la République Tchèque, la Slovaquie et la Slovénie affichent des taux d’accès supérieur à 50 %. Se classant à la 10e place, la France ne fait pas encore partie de ce club mais s’en rapproche avec un taux de 48 % : un chiffre qui situe notre pays au-dessus de la moyenne européenne (41 %).

Un accès à la formation améliorable

Parmi les pays situés en dessous de cette moyenne figurent la Pologne, le Royaume-Uni ou encore l’Estonie. On note que l’Allemagne, souvent citée en exemple sur l’apprentissage, fait partie de ces pays dont le taux d’accès à la formation professionnelle est inférieur à 40 % !

Si la performance de la France est plutôt une bonne surprise, un élément incite à la relativiser par rapport à celle de l’Allemagne : alors que l’apprentissage est comptabilisé pour ces deux pays dans les statistiques de la formation initiale, la formation en alternance s’effectue également, chez nous, via le contrat de professionnalisation, y compris pour les jeunes. Or ce second dispositif alimente, lui, les statistiques de la formation professionnelle.

Par ailleurs, les formations de type « informel », c’est à dire accomplies sur le lieu de travail et au fil de l’eau, occupent une place nettement plus importante en Allemagne qu’en France.

En queue de peloton, la Grèce, la Bulgarie, la Hongrie, la Croatie, la Lettonie et la Lituanie ne forment que moins de 30 % de leurs salariés.

Ces écarts ne doivent pas faire oublier ceux qui existent, dans chaque pays, entre les divers types d’entreprises. Ainsi, d’après une autre étude publiée par le Cereq fin 2017, un quart seulement des salariés des plus petites entreprises françaises a bénéficié d’une formation en 2015, contre 63 % dans les entreprises de plus de 500 personnes. En ce qui concerne les disparités européennes sur l’accès à la formation, des résultats plus détaillés éclairant l’effort accompli par les entreprises devraient être publiés au printemps.