3 points clés pour mettre en place un serious game avec succès

7 Juin 2018 | Conseils Pratiques | 0 commentaires

Plus immersifs que les solutions traditionnelles d’e-learning, les serious games séduisent de plus en plus les services formation des entreprises. Simulation de situations de vente, formations à la sécurité, sensibilisation à de nouvelles réglementations, les champs d’application sont presque aussi nombreux que les problématiques de formation. Passage en revue des trois points les plus décisifs pour vous donner les meilleures chances de succès dans la mise en place de votre serious game.

1) Définition des objectifs : précision et anticipation

En mettant en place un serious game, vous souhaitez avant tout former une ou plusieurs catégories de salariés (qu’il vous faut déterminer de façon exhaustive) à des savoirs ou techniques spécifiques. Vous pouvez également avoir des objectifs collatéraux : fédérer des collaborateurs issus de différents services ou équipes, les sensibiliser aux nouvelles ambitions de l’entreprise, découvrir les potentiels les plus créatifs… Ces objectifs doivent figurer dans un cahier des charges, dont l’élaboration doit retenir toute votre attention.

Votre cahier des charges doit être aussi précis et quantifiable que possible en listant tous les objectifs d’apprentissage. Chacun d’eux peut et doit être considéré sous trois aspects :

  • connaissances et compétences : les nouveaux savoirs que les apprenants doivent acquérir, ou ce qu’ils doivent être capables de faire techniquement à l’issue de la formation ;
  • conditions : la façon et le contexte dans lequel ils vont acquérir les savoirs et compétences ;
  • évaluation : comment les formés seront évalués.

Par ailleurs, ne perdez jamais de vue en élaborant vos objectifs ce point capital pour le succès de votre serious game : le jeu devra être intéressant, mais aussi… ludique ! Prévoir en amont de tester et évaluer votre jeu sur ces deux critères s’avère incontournable. Car la raison d’être d’un serious game est bien de former de façon plus efficace, en éveillant un intérêt et un engagement plus grand chez les apprenants, et plus attractive, en leur permettant de prendre du plaisir à la formation que vous allez leur faire suivre.

2) L’aspect ludique : le « gameplay » fait toute la différence

La qualité d’un serious game repose sur deux dimensions :

  • le scénario et l’interactivité

L’aspect ludique est décisif pour capter l’attention des personnes à former. Le scénario ne doit pas se contenter de dérouler une bonne histoire, il doit maintenir l’intérêt du joueur et lui donner envie d’aller au bout du jeu.

Pour parvenir à ce résultat, le participant à un serious game ne doit pas se contenter d’être actif : il lui faut être « acteur », à travers une aventure au cours de laquelle il aura des décisions à prendre. Faire évoluer le scénario au cours du jeu accroit l’intérêt et l’interactivité, et permet surtout aux participants d’apprendre de leurs erreurs. À titre d’exemple, un participant se formant à un geste technique peut avoir oublié de mettre un équipement de protection au cours du jeu et être victime d’un incident, par exemple la projection d’un produit toxique sur les mains : le scénario prévoira alors un lavage de mains lui permettant de poursuivre, mais il perdra du temps ou des points durant cette étape.

Un serious game ne doit pas générer de frustrations en « éliminant » les participants, mais prévoir plusieurs chemins pour réussir. L’échec participe à l’efficacité du processus d’apprentissage, et augmente l’engagement du formé en apportant du réalisme à l’expérience. Expérimenter les conséquences d’une erreur, fût-ce virtuellement, permet de bien s’en souvenir une fois en situation de travail. Un quizz à la fin de chaque mission permettra à chaque joueur d’apprendre de ses erreurs et de récapituler les acquis.

  • les technologies utilisées

Si la maniabilité et la jouabilité sont importantes, le côté immersif, lui, augmente l’implication des joueurs-apprenants. La perception que ces derniers auront du jeu est très liée aux technologies utilisées pour favoriser cette immersion : Flash, 3D temps réel… Avec la 3D temps réel, contrairement à la 3D précalculée, le rendu des données 3D est immédiat. Concrètement, cela permet un plus grand degré d’interactivité avec la scène 3D.

Vos apprenants, en évoluant dans des univers similaires au leur, vont s’approprier le jeu plus facilement.

Reste à choisir un traitement graphique pertinent, car c’est d’abord l’aspect visuel du serious games qui donne envie au participant de commencer et de poursuivre son expérience de jeu. Les possibilités ne manquent pas : 2D ou 3D, de style réaliste ou « cartoon », le choix va influencer l’ambiance, la « coloration » de votre serious game.

L’accessibilité au serious games, enfin, peut faire la différence, et permettre aux participants de prolonger l’expérience de jeu. Pouvoir accéder au serious game depuis des smartphones et autres tablettes permettra en outre de diffuser le jeu en limitant les contraintes logistiques.

 

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3) Coût d’un serious game : le choix délicat du partenaire

De nombreuses sociétés spécialisées se disputent le marché des serious games. Malgré cette concurrence, les coûts de production restent aujourd’hui élevés : le budget moyen, de 50 000 euros, peut facilement grimper jusqu’à 200 000 € pour les projets sur mesure proposant des scénarios de jeu multiples. Il existe cependant des moyens de faire baisser la facture, grâce auxquels les PME commencent à s’intéresser aux serious games.

On peut d’abord évoquer ces jeux « tout faits », qui traitent de problématiques assez répandues pour convenir à une majorité d’entreprises. Très attractifs en termes de coûts, ces serious games ne peuvent cependant être personnalisés, ce qui limite beaucoup leur impact sur les collaborateurs.

Parallèlement, de nouveaux outils-auteurs commencent à apparaître sur le principe de bibliothèques de contenus prêts à l’emploi, en 2D ou 3D. Ces contenus permettent un certain degré de personnalisation, notamment au niveau des décors.

Pour une personnalisation plus poussée, gage de qualité, vous avez tout intérêt à vous renseigner sur les Serious Games déjà développés par les différents acteurs du marché. En effet, certains principes de jeu conçus pour des formations voisines de la vôtre peuvent être réutilisés. Dans ce cas, les scénarios peuvent être modifiés en fonction de vos spécificités métiers tout en conservant la structure du jeu initial, ce qui peut faire baisser sensiblement le coût global de votre Serious Game.

Un serious game bien pensé et réellement personnalisé reste un investissement important. Il revient aux DRH et responsables formation de bien évaluer les formations qui méritent un tel outil, à même de dispenser les savoirs aux apprenants avec un maximum d’attractivité et d’efficacité.

 

Parce qu’ils s’apparentent, par plusieurs aspects, à de l’adaptative learning, les serious games sont plébiscités par les apprenants. D’après un chiffre livré par Les Échos en 2015, le taux de satisfaction du “serious gaming” serait de 83 %, contre 50 % pour l’e-learning. Par ailleurs, sachant que la formation professionnelle s’est montrée beaucoup plus innovante sur le plan pédagogique ces dernières années que la formation initiale, le fait que les serious games commencent à investir l’enseignement supérieur est un indicateur de leur bonne santé et de l’expansion qu’ils vont connaître dans les années à venir… À l’intérieur de l’entreprise et en dehors de celle-ci.